« Erquy. 200 personnes à la manif anti-pompage du maërl*

L’après-midi du samedi 12 juin, devant l'îlot Saint-Michel, plus de 200 personnes ont pris part à la manifestation contre les activités de pompage du Maërl sur le site dit de Saint-Michel au large d'Erquy.

Initiée par le collectif regroupant des habitants et six associations environnementales, cette manifestation (une première en novembre 2008 avait rassemblé au même endroit plus de 400 personnes) avait pour objet de demander à ce qu'au 31 août prochain, les activités de pompage de maërl, suspendues depuis le 1er juin, ne reprennent pas au 1er septembre. Sinon, comme l'a rappelé cet après-midi, Pierre Pelan, le président de l'association Le Nouvel Essor d'Erquy, "la baie de Saint-Brieuc risque d'être le seul endroit en Europe où on continue d'extraire le maërl".

Lundi prochain, le collectif va, devant le tribunal administratif de Rennes, déposer une demande de suspension d'urgence du pompage du maërl assortie d'une requête au fonds. »

Le télégramme du 12 juin 2010 à 18h31 par Sylvie Vennéguès

*Le maërl est un substrat et un milieu biogénique (c'est-à-dire produit par des espèces vivantes) qui se forme notamment le long des côtes de Bretagne et qui est constitué de débris d’algues marines riches en calcaire

Les algues qui l'ont produit ont la propriété de cristalliser certains éléments minéraux de l'eau de mer, ce qui explique qu'il soit très riche en calcium et en magnésium, fer et oligoéléments bioassimilables, ce pourquoi il a été exploité jusqu'à localement faire disparaître la ressource.

Le maërl est traditionnellement utilisé :

  • dans l'agriculture côtière bretonne car il constitue un très bon amendement pour sa richesse en magnésium, (l'un des micro nutriments les plus demandés par les plantes à croissance rapide) ainsi qu'en fer et en oligo-éléments.
  • en traitement de l'eau potable, pour la reminéralisation, la correction du pH et de l'agressivité de l'eau. Cette utilisation représentait en 2006, 50 % du volume total extrait (soit un volume de 24 000 m3 brut).
  • en aquariophilie, ainsi que pour aménager des allées en remplacement des gravillons.

Devant la hausse des demandes en maërl et la réduction de la ressource, les extractions vont être totalement interdite à partir d’avril 2010 (décision préfectorale).

Les bancs de maërl (vivant ou mort) constituent une biocénose remarquable, comparable - toutes proportions gardées - au corail des zones tropicales ; leur destruction par les extractions (désormais conduites avec des dragues industrielles) menace la biodiversité dans les zones côtières, et cette exploitation sera très probablement interrompue dans les prochaines années, d'autant qu'il existe des substituts pour toutes les applications du maërl.

La directive Habitats considère les bancs de maërl comme habitat nécessitant protection et gestion, tandis que les deux espèces formant le maërl ne doivent théoriquement pas être exploitées.

Informations et pétitions sur  http://lenouvelessor.fr/

 

Extrait du journal d'Armor TV du 07 juin 2010